Le
mobilier classique chinois, Ming et début Qing
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Tables chinoises
En
Chine du nord, le "kang" est une estrade bâtie contre un mur, à hauteur
d’assise, dans des matériaux pouvant être chauffés. C’est un
espace de la maison, avec son mobilier propre, fait de tables basses
dites tables kang, d’étagères et de divers espaces à rangement. Les
plus larges de ces tables basses sont placées au centre du kang, dans
la partie destinée au lit, les plus étroites sont disposées sur les
côtés. Les sellettes à brûle encens, rondes, aux pieds incurvés,
sont une exception aux formes traditionnelles carrées ou
rectangulaires. Sous les Qing, les tables à thé,
rectangulaires, détrônent et remplacent dans la maison ces sellettes
rondes.
Les
autels, de maison ou de temples. Les occidentaux les
appellent consoles. Ce sont de longues tables rectangulaires et étroites.
Leurs pieds sont en retrait ou en angles (l’espace entre les pieds ne
dépasse pas trois mètres). Avec des pieds en retrait, le plateau peut
être plat ou se terminer en queue d’oiseau, incurvé aux extrémités.
La queue d’oiseau et les pieds en retrait sont un exemple du mobilier
classique Ming ou du style Ming reproduit au 19ème. Les
panneaux sculptés insérés entre les pieds sont fréquents sur les
tables en queue d’oiseau. A noter aussi, fréquemment, les tabliers à
motif de nuages. Ou encore, sur les tables à pieds d’angles en sabot,
les classiques traverses en «S » (mobilier Ming ou reproductions
ultérieures).
Les
lits de jour, ou lits d’appoint, sans montants latéraux,
ressemblent à de grandes tables basses. C’est d’ailleurs
l’utilisation qu’en font les occidentaux, dans leur taille
d’origine ou dans un format raccourci, selon leur état de
conservation. On les appelle parfois à tort lits à opium. Les lits
de luohan, en forme de banquette, sont bordés de panneaux bas
sur trois côtés : soit un au fond et un sur chaque côté (lits
à trois panneaux), soit trois au fond et un sur chaque côté (lits à
cinq panneaux), soit enfin trois au fond et deux sur chaque côté (lits
à sept panneaux). A noter que ces montants en bordure sont parfois
enlevés, permettant aussi l’utilisation en table basse. Enfin, les lits
clos, sont des sortes de lits à baldaquin.
Les
étagères, encore appelées étagères à livres (même
sans être consacrées spécialement aux livres). C’est un espace
ouvert, éventuellement agrémenté de quelques tiroirs. Le fond et les
côtés peuvent être munis de panneaux ou demi panneaux, pleins, ajourés,
décorés. On rencontre parfois des demi panneaux sur les quatre côtés.
Leur fonction n’est alors plus limitée aux livres et objets précieux.
Elles peuvent alors servir
à stocker des aliments, quitte à devenir un meuble de cuisine.
Sièges
chinois
Les
tabourets carrés, rectangulaires et ronds. Dans le nord,
on parle de "wudeng" (siège sans dossier). Ou encore les tabourets
en forme de tonneau ou de tambour. Importance aussi des bancs, ou "changdeng".
Avec des pieds en retrait ou avec des pieds d’angles.
Enfin
les chaises et les fauteuils méritent plus
d’attention. L’appellation générique des sièges avec dossier,
chaises ou fauteuil, est Yi. C’est ce qui les distingue des sièges
sans dossier. La chaise en forme de lanterne ou
"dengguayi". Il en
existe des hautes ou des basses. Le fauteuil à la rose,
"meiguiyi" (origine obscure) est
un fauteuil bas. Son dossier et ses accoudoirs forment un angle droit
avec l’assise. Dans le sud on le désigne comme fauteuil pour écrire,
simplement par sa fonction. Léger, transportable, il n’occulte pas la
vision de l’espace et peut être placé n’importe où. Comme son nom
l’indique, ce n’est pas un fauteuil de repos. Il est assez raide. La
forme et la hauteur du dossier font la différence. Lorsque, à la fois,
la traverse supérieure du dossier et les accoudoirs débordent en
saillie, il s’agit du traditionnel
fauteuil en bonnet de lettré,
"guanmaoyi". Les extrémités
de la traverse supérieure, dotée d’un appui-tête, sont arrondies et
évasées. Le dossier est en forme de « S ». A noter qu’en
l’absence de débordement en saillie, on parle du fauteuil en
bonnet de lettré du sud, qui est une évolution du bonnet de
lettré traditionnel et qui est encore différent du fauteuil pour écrire
(rose), sans angles droits aussi prononcés, au dossier plus haut. A
la base, les formes des bonnets de lettré sont les mêmes, avec
des variantes. Ils sont plus ou moins grands, plus ou moins incurvés, décorés,
sculptés ou sans le moindre décor. Le dossier du bonnet de lettré
du sud est plus haut que celui du fauteuil à la rose.
Pourtant, un fauteuil en bonnet de lettré du sud, au dossier
parfois bien plus bas, peut finir par ressembler à un fauteuil pour
écrire. A
l’origine, le fauteuil au dossier rond était simplement appelé
fauteuil rond, "quanyi". Les occidentaux l’ont
baptisé fauteuil en fer à cheval. Ce fauteuil,
confortable, est très gracieusement incurvé. Il peut être décoré
d’un médaillon sculpté ou creusé. Enfin,
les chaises et les fauteuils pliants ont soit un dossier
droit (type lanterne), soit un dossier incurvé (type fer à
cheval).
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Sources
de documentation: « Classic
Chinese Furniture – Ming and Early Qing Dynasties »,
par Wang Shixiang, Joint Publishing (H.K.) Co., Ltd. 1986