La légende du Roi singe

Le mythe de Sun Wukong, le singe de la montagne est raconté sous les Ming dans un récit célèbre, Le Voyage en Occident. Sun Wukong est l'un des trois disciples désignés pour suivre le moine Xuan Zang en Inde en quête des soutras, les textes sacrés du Bouddhisme. Le voyage est une périlleuse épopée au cours de laquelle Sun Wukong mettra ses pouvoirs surnaturels au service de son maître. 

La désignation du turbulent Roi singe pour accompagner Xuan Zang n'avait pas été innocente. Il devait se racheter d'un passé tumultueux et coupable. Né "d'une pierre et d'une goutte de sang d'un dieu", il avait eu de fabuleux pouvoirs. Mais il avait usé sans modération, avec déraison. Pire, il s'en était attribué de nouveaux, dont il avait abusé avec la plus grande imprudence ! Ainsi, il avait eu l'audace d'effacer son nom de la liste des morts. Puis, devenu gardien du verger des pêches de l'immortalité, il avait mangé ces fruits sacrés, d'où la colère de l'Empereur de jade que Sun Wukong avait alors défié et affronté.

Après tous ces méfaits, seul le Bouddha Cakya-Muni avait eu raison de lui, en le retenant prisonnier sous une montagne pendant des siècles. 

Guanyin, déesse de la compassion et de la miséricorde était venue le délivrer. En contrepartie, il avait dû suivre le jeune moine Xuan Zang dans son voyage initiatique, ponctué d'épreuves symboliques. La légende du Roi singe relate les épreuves de Sun Wukong pour accomplir sa destinée vers la sagesse et l'immortalité.

Le Roi singe est un personnage essentiel et incontournable en Chine. Il est souvent représenté. C'est une sorte de bouffon penseur et philosophe, dont l'influence est très grande. Le voyage en occident a fait l'objet en Chine de multiples adaptations, tant littéraires que lyriques, ou théâtrales. On retrouve même des influences dans le théâtre italien du 16ème siècle (Commedia dell'Arte et Arlequino).